MassChallenge Switzerland Summit: complémentarité entre biotech et nanotech

  • by Melike Kök
  • Posted in Innovation
  • February 19, 2016
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MassChallenge Switzerland Summit: complémentarité entre biotech et nanotech

Le MassChallenge Switzerland est un accélérateur importé de la pépinière numéro 1 des start-up – Boston – qui enfin s’est étendue sur les bords du Léman. Cette édition a démarré en grande pompe avec des introductions prestigieuses du Président de la Confédération (en vidéo) et de Son Excellence Mme l’Ambassadeur des USA. Gros plan sur l’interpénétration entre biotechnologie et nanotechnologie illustrée par un des gagnants du sommet MassChallenge tenu ce mois au Campus Biotech à Genève.

Avec la fin du secret bancaire et la concurrence des montres connectées étrangères (même si la Swatch et les montres de luxes lui ont permis de gagner face aux montres à quartz asiatiques dans les années 80), la Suisse doit sans cesse investir et promouvoir ses start-ups innovantes dans les nanotech, biotech et medtech. C’est pourquoi le succès du lobbying qui a permis l’installation du MassChallenge en Helvétie est une aubaine considérable. Comme nous l’expliquions dans un précédent article, la Romandie «ne pouvait qu’exceller dans l’infiniment petit avec les nanotech ». Accrochez vos ceintures, c’est de femtotech, c’est-à-dire mille fois plus petit que l’échelle nano dont il est question aujourd’hui.

Biofluidsystems, établie à Nyon, vend notamment à Medtronic. On ne présente plus Medtronic, leader en medtech, basé dans la « healthvalley » (de Genève à Lausanne). Cependant il est utile de préciser que c’est un écosystème de fournisseurs, clients BtoB et intermédiaires qui s’est créé entre Genève et Lausanne. En effet, il est vital pour une multinationale comme Medtronic, de pouvoir compter sur l’efficience des fournisseurs garants de swissness (valeur symbolique véhiculée par le Swiss Made). Pourtant, il ne faut pas négliger l’autre minorité géographique helvétique, dont nous nous penchons ci-dessous, une entreprise maintes fois récompensée au niveau international, la start-up tessinoise Femtoprint.

Femtoprint : gagnante du prix CTI Entrepreneur International.

Femtoprint a gagné ce prix lors du MassChallenge le 10 février au Campus Biotech, devant une foule immense dont le tiers dû rester debout, car le concours de pitch de ces jeunes pousses fut victime de son succès (les malchanceux ont pu se consoler par le cocktail-fingerfood du traiteur particulièrement raffiné qui suivit). Femtoprint est une entreprise qui fabrique des micro processeurs destinés à soutenir divers secteurs industriels allant des micro-fluides à la micro-mécanique tout cela à l’échelle femto- « scopique » (10 puissance moins 12). Les applications découlant des avantages de la technologie des micro-fluides sont souvent appliqués dans les domaines de diagnostiques cliniques, pharmaceutiques et dans la recherche des sciences du vivant.

A ce propos parmi les contrats commandés, une étude de faisabilité commandée par l’Université de Porto pour des systèmes de micro robots qui aident les laboratoires en rhéologie (étude du sang et de ses propriétés). En effet, il est capital de comprendre ici le lien entre biotechnologie et nanotechnologie (en l’occurrence femto-« thechnologie »).

Femtoprint introduit un changement de paradigme microéconomique puisque surfant sur une technologie de rupture (un exemple concret de rupture peut être le passage de la photo argentique au numérique). Les technologies de ruptures sont de plus en plus vitales au niveau macroéconomique dans une mondialisation ou même les BRICS (voir cet article sur Regiconia.fr) s’essoufflent, de surcroît dans une période où on se dirige vers une croissance molle : le seul moyen est donc de sortir de la stagflation par le haut avec des innovations de rupture.

A ce propos, le tourisme spatial est une innovation de rupture (ces autre article sur notre blog ici et ici (dernier §)). Même la Nasa qui avait longtemps délaissé cette poule aux œufs d’or (et qui crise oblige commence à se privatiser partiellement), s’y met. Cette époque révolue avait fournit un avantage compétitif à la spin-off de l’inventeur des voitures Tesla, SpaceX, qui après le pionnier Virgin Galactic du charismatique Richard Branson s’est lancée dans la course au tourisme spatial. Mais cet exemple d’innovation de rupture fera l’objet d’un prochain article.

Procédé de séparation des fluides révolutionnaire

Last but not least, à retenir chez Femtoprint, combiné au disruptive product innovation, la disruptive process innovation consistant en l’analyse PCR (polymerase chain reaction). En d’autres termes, les technologies de plate-formes de puces micro-fluidiques permettent par exemple dans le secteur medtech de séparer et analyser de façon plus rapide, plus précise et à moindre coût les molécules des différents fluides ici en l’occurrence on parle du sang (domaine de la rhéologie).

Le cœur de l’innovation c’est l’utilisation d’un femtolaser produisant des microsystèmes en verre à l’échelle nano par le biais d’une imprimante 3D. Les imprimantes 3D, une autre innovation de rupture. Ainsi, la start-up tessinoise utilise « un laser à femtosecondes qui change les propriétés du matériau, tel que la densité et l’index réflexif, avec une résolution sub-micron. »

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